Une belle délégation de vignerons genvalois a visité le vignoble du Chant d’Éole, ce samedi, une très belle référence qui a obtenu le prix du meilleur vin mousseux au monde! Des rangs de vigne au chai, ils ont pu tout découvrir, jusqu’à écouter le chant des bulles.

Une vingtaine de membres du vignoble associatif ont mis le cap, samedi matin, sur Quévy, au sud de Mons, à deux pas de la frontière française. Le chant d’Éole porte bien son nom, bordé d’éoliennes qui tourbillonnent d’autant mieux qu’un vent fort souffle sur le domaine.

L’aventure a commencé ici en 2010 par la rencontre entre une famille champenoise et une famille d’agriculteurs belges, les Ewbank. Le chardonnay et le pinot ont prospéré en quelques années. Le projet n’a cessé de croître et le vignoble est devenu aujourd’hui le plus grand du pays, avec 52 hectares. Son carnet de commandes déborde. Le succès est au rendez-vous.

Les vignerons de Genval observent avec intérêt la manière dont la vigne est conduite au chant d’Éole, notamment la taille Guyot qui est ici pratiquée et la manière dont les sarments coupés servent de broyat entre les rangs de vigne. La taille d’hiver est pratiquée à la main, tandis que les vendanges sont mécanisées. Pour lutter contre le gel tardif qui menace les bourgeons au printemps, des tours ont été disposées sur le domaine, dont les pales peuvent rabattre l’air chaud au sol.

Ce matin, c’est un vent froid qui souffle sur le domaine. Les visiteurs genvalois, quelque peu frigorifiés, étaient pressés de se mettre au chaud. Le bâtiment très moderne a connu un agrandissement l’an dernier, avec une extension du chai en sous-sol et l’aménagement d’un restaurant gastronomique au 1er étage, L’Impératif d’Eole. Ce dernier vient d’obtenir une étoile au guide Michelin.

Au sous-sol, les choses ont été vues en grand pour les installations dédiées à la vinification. Les énormes cuves inox (320 hectolitres) sont alignées comme des piliers de cathédrale. L’assemblage mêle jus de cuvée et jus de taille. La méthode traditionnelle – alias méthode champenoise – passe par une fermentation en bouteille. Le vin est élevé sur lie pendant 18 mois. Le remuage est ici réalisé mécaniquement, avant le dégorgement.

La visite se termine tout naturellement par une dégustation. Elle fait appel à tous les sens: on commence par écouter le chant des bulles dans les flûtes: le brut Blanc de Blancs exprime ses jolies perles. Au nez, on décèle des arômes d’agrume (pamplemousse). En bouche, une petite note de pomme et de poire. C’est vif, rond, savoureux. On poursuit par le brut rosé, où le Pinot noir ajoute sa touche de fruits rouges. L’Elixir Saint-Georges, sorte de ratafia, vrai péché de gourmandise, conclut cette dégustation.


Le Chant d’Éole a obtenu le prix du meilleur mousseux en 2020 parmi pas moins de 900 champagnes à la London Wine Competition. La maison accumule les médailles et s’apprête à se lancer dans la production de vin tranquille – son chardonnay est très prometteur.

Après deux heures de visite, les vignerons de Genval ont profité d’un menu gourmand à la brasserie du domaine. Quel bonheur de partager un bon repas au milieu des vignes!

L’album de la visite (photos de Paola, Stephan, Marc et Nicolas)


























































































































